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  • : le blog asphaltetoile par : Chantal
  • : Au clavier d'asphalte chaque pas joue son étoile en modes mineur et majeur.
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Citations

"Les poètes sont inutiles mais nécessaires..."Ionesco.

 

 "Je marchais sur le sable, sur une étendue vierge de toute présence et de toute absence. Soudain, la trace de trois pieds dansants. Mon âme s'est envolée avec elle, je ne sais où, là où la lumière s'épanouit."

 Michel Montigné - extrait de Carnet de voyage à Djibouti.

  

 "La couleur est la touche.L’œil, le marteau qui la frappe.L’âme, l'instrument aux mille cordes" Kandinsky

 

"Quel champ de bataille que l'homme! "Victor Hugo.

 

"C'est l'immobilité de la plage qui rend les vagues différentes" Gérard Pons, extrait de "Grains de sable".

 

"La mer et mon amour rivalisent de couleurs. Elle éclabousse le jour de fastes phosphorés. Il embrasse le monde en ses moires marines. Je te serre en mes mots comme tout contre soi on serre le silence." Colette Muyard "Etreinte" extrait de L'Homme soeur 2.

 

"Quand le sable du temps nous aura recouverts il restera notre ombre et la photo des brumes. Il restera de nous au mieux une chanson. Sur la guitare-oubli aux notes impalpables seul demeure le chant de la mélancolie..." Roger Lecomte extrait de "au café du hasard". Chanson de l'iguane sur un réverbère.

 

"Toutes les pierres ont quelque chose à dire. Leur silence sécrète toute l'histoire du monde. J'ai toujours un caillou dans ma poche, un grain de sable dans l'oeil."Jean-Marc Lafrenière

 

"On se croit mèche, on n'est que suif". Jacques Brel

 

"La douleur n'est jamais éloignée du regard et de la connaissance" Diane de Margerie.

 

"L'utopie c'est la vérité de demain" Victor Hugo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

   

 

   

 

   

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 19:33

Lors de mes vols de papillon

Je butine là, pour une chanson

Ecrire ou dire, c’est selon.

 

Je ne suis que l’éphémère

Qui distille ses mystères

Sublimés aux vents de mer

 

Je n’aime pas me figer

Au blanc des pages ou au musée

Mes mots sonnent sur le clavier

 

Parfois mes ailes se reposent

Et ma voix doucement se pose

Sur vos épaules, enfin si j’ose !

 

Je glane tout d’Est en Ouessant.

De matins blancs en cieux dormants

Mon panier va, se remplissant

 

Quand la mer lointaine m’appelle

Je déploie largement mes ailes

Aux ondes bleues de ses sirènes

 

Elles soulèvent en moi des chants

Fandango, java, villanelle

Mes semelles dansent des étincelles

 

Les pattes posées sur la glaise

Mes élytres vers des cimaises

Je valse, de bémols en dièses.

 

Je n’aurai rien laissé qui dure

Mais même le diamant le plus pur

S’ébouriffe et meurt, sans murmure

 

Alors je flambe, papillon, éternité de l’instant

Jusqu’à l’étreinte blonde de l’ambre.

 

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Published by Chantal Cudel Fayaud - dans asphaltetoile (poésie)
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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 11:13

Là-haut, Le sureau, la gentiane, l'épinard sauvage, la marmotte, l'aigle, le lac, la cascade et son chant, la framboise sauvage, l'air vibrant... Là, se taire enfin.

 

Etancher sa soif d'absorption, saturer l'éponge de profusion.

Engranger, s'étoiler, s'engager, s'évaser.

 

Prendre Galopin sur les épaules comme Saint Christophe portant le Christ, ou le pâtre son agneau. Tenir le petit corps chaud et haletant autour de la nuque, les vibrionnantes pattes abandonnées aux mains tendres. Chanter le chant du monde.

 

Puis, réduire la vastitude à l'imparfait du verbe.

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 06:32

 

 

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Oh ! Fendre son bois

Briser l’écorce

Dénouer le lierre

 Exsuder l’ambre

 

 Oser s’éprendre

Larmes en collier

Laisser la sève

S ‘épancher

 

Ciseler la force

Dans le sensible

Lâcher les rênes

A l’indocile

 

S’embraser pourpre

Au messager

Qui vient poser

Un baiser

 

Briser la glace

Gommer l’étain

Soudain s’ouvrir

L’âme si douce

 

Inclusion d’ambre

Que le vent trousse

Jusqu’à plus faim.

 

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Published by Chantal Cudel Fayaud - dans asphaltetoile (poésie)
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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 18:32

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***

 

   

Une jolie petite crevette rose vivait dans une baie de la Côte d’Azur avec ses congénères. De nature aventureuse, elle avait beaucoup voyagé. Un jour elle entendit des plongeurs parler de la Mer Rouge. Intriguée, elle décida de se rendre dans le golfe d’Aqaba pour vérifier la couleur de la mer. Elle ne lâchait jamais prise, ce qui était parfois son défaut. Mais comme chacun sait, toute médaille a son revers et elle en avait aussi les qualités. Elle avait toujours besoin de se dépasser, cherchant des limites improbables.

Après des mois, elle parvint épuisée au Blue Hole. «  Mer Rouge, Trou bleu... j’aime beaucoup ces couleurs » ! Elle se félicita de son choix. Elle jeta un oeil hors de l’eau et fut éblouie par la luminosité et la beauté du désert. Elle ferma les yeux pour emprisonner l’image...

Réveillée par le son envoûtant d’un oud, elle s’ébroua et risqua un oeil au-dessus de la vague. Là des bédouins au regard intense, si magnifiques dans leur tenue blanche, farfouillaient dans le sable, observés par le musicien. Ils extrayaient ces longs coquillages énigmatiques, en forme de couteaux striés. Après leur départ, elle constata qu’il en restait un, bien caché, et peut-être le plus beau. La vague les submergea, elle se rendormit  lovée contre lui.

Grand couteau sortit la tête, cachée sous son chapeau, et contempla cette petite chose aux pinces minuscules qui frétillaient dans son sommeil. Elle lui rappelait un chiot qui battait l’air de ses petites pattes lorsqu’il rêvait qu’il courait. Il veilla à ne pas bouger.

 

C’est ainsi que chaque nuit où la mer les réunissait, Grand Couteau et Crevette s’endormaient ensemble.

 

Un matin, Crevette s’éveilla la première : Les stries de Grand Couteau lui suggérèrent l’image du sharpeï, ce chien qui naît avec un pyjama trop grand : toute la quantité de peau qu’il remplira au cours de sa vie. Dans un grand éclat de rire, elle le baptisa Sharpeï.

 

Comme il n’était pas en reste d’humour, il la nomma Cauliflower. « Cauli... quoi ? Cauli...flower ? Mais pourquoi me traites-tu de chou-fleur ? Je suis la plus jolie des petites crevettes roses », osa-t-elle, vexée. Vous constaterez qu’elle avait le même orgueil juvénile que la rose du Petit Prince de Saint Exupéry. Emu par tant d’arrogance, il se contenta de grommeler entre ses valves : « parce que tu as les cheveux en pétard quand tu dors »

 

Furieuse de s’être laissé surprendre dans son intimité, elle plongea vivement dans la Mer Rouge qui camoufla le rouge de ses joues. Pour se rassurer, elle virevolta gracieusement sous les yeux médusés et admiratifs des poissons. Même la danseuse espagnole admit son élégance.

 

« Cauliflower... Bon, il y a bien le mot fleur, mais il y a aussi le chou,  difficile à digérer ! Après tout, c’est joli aussi les bouquets du  chou-fleur ! Et puis, ne dit-on pas aussi : tu es chou... mon chou...Il y a même des choux chinois au vert tendre, des choux pâtissiers pour décorer les belles pièces montées des mariages. Les choux de Bruxelles sont bien jolis, tout ronds, et les choux en forme de pyramide : ça donne à réfléchir quand on connaît leur structure fractale...» Elle était un peu savante. Ses réflexions la convainquirent qu’il y avait bien là de la tendresse et de l’admiration dans Cauliflower. A tel point que quand Ahmed joua du oud, elle se surprit à composer une mélodie : « Sharpeï et Cauliflower »

 

Comme tout coquillage protégeant son intime fragilité, Sharpeï serrait bien ses coquilles l’une contre l’autre. La nuit, il n’osait toucher Cauliflower de crainte de la blesser du tranchant de ses valves. Alors il la laissait se lover contre lui, à sa convenance ; Il adorait le chatouillis de ses pinces. Là, évidemment, elle perdait sa faconde et son arrogance. Elle dormait comme une petite fille sage. Il l’aimait comme jamais il avait aimé. Elle était jeune et vivante. Bien sûr, elle se prenait pour une louve alors qu’elle se comportait souvent comme un louveteau de Moldavie ...Elle ne rassurait qu’elle-même, mais il faut bien que jeunesse s’exerce.

 

Il avait quelques années de plus. L’âge rend prudent et méfiant. Cauliflower aurait bien aimé qu’il dévoilât son profond mais il serrait ses valves contre lui pour cacher la grande sensibilité de son âme. Même ses petites pinces et sa jolie carapace de dentelle auraient pu le blesser. Auparavant, il avait naïvement ouvert son coeur à des malveillants qui l’avaient tellement maltraité qu’il avait cru en mourir. Désormais, seuls ses magnifiques yeux bleus et son sourire moqueur trahissaient ce qu’il pensait protéger, à qui savait observer naturellement.

 

Cauliflower le houspillait souvent et le mordillait de ses mots coupants. Il avait des origines nordiques et parlait lentement, à voix basse, un peu comme les Suisses. Souvent il fallait tendre l’oreille pour le comprendre. Mais n’est-ce pas la meilleure façon de se faire entendre ? On rejette celui qui parle haut et fort. A l’épreuve du sable et du vent, il avait appris les vertus du calme, de la lenteur. Cauliflower, d’une autre expérience, affirmait son appétit de vivre en vibrionnant et en le titillant pour le faire sortir de ses gonds. Il veillait à n’en rien faire, surtout!

Il avait l’âme des grands plongeurs car chaque jour il s’enfonçait profondément dans le sable. A l’abri des regards, il s’entrouvrait et se ressourçait des richesses de la mer.

 

Cauliflower lui supposait des aventures, des échappées de mâle. « Où étais-tu ? Où vas-tu ? Que fais-tu ? » Secret, il consentait trois mots pour la forme. Elle piquait alors des fards de crevette cuite de jalousie.

 

Une nuit qu’elle ronflait bouche ouverte – si elle s’en était rendu compte elle aurait rougi comme une écrevisse - Sharpeï s’avisa d’entrouvrir ses valves pour boire quelques gouttes salées et absorber quelque nutriment.

 

Allez savoir pourquoi Cauliflower souleva une paupière à ce moment là ! Sans doute alertée par le Grand Timonier là-haut ... Sous les rayons de la lune d’argent, dans le sable rouge, elle vit le coeur de Sharpeï : magnifique ! Vulnérable ! Un grand navire échoué... Elle en nagea à la renverse. Ils rougirent de concert et s’embrasèrent.

 

Leur union fut programmée un jour de grande marée afin que le plus grand nombre de leurs amis pût se rendre à la cérémonie. Il en vint du monde entier. Sharpeï et Cauliflower ne se marièrent pas devant le maire, mais s’unirent face à la Mer bienveillante. Ils ne se jurèrent rien mais surent qu’ils ne s’oublieraient jamais.

 

De mémoire de coelacanthe on n’avait vu de cérémonie aussi belle. Un grand bénitier avait offert ses grandes coquilles pour servir d’écrin à ce couple des mille et une nuits. Cauliflower, éblouie par tant de magnificence, en avait assagi ses petites pinces ornées de perles. Sharpeï brillait de mille éclats : il avait fait polir ses valves par son vieil ami le poisson pierre. D’aucuns le disaient redoutable, mais ce sont seulement les ignorants qui craignent les autres. Il avait assisté à la naissance de Sharpeï et l’avait vu grandir avec beaucoup d’admiration et de tendresse.

 

Les réjouissances commencèrent avec le lever du soleil. La mer flamboya de mille couleurs de l’aurore au couchant. Le soleil piqueta le sable rouge de poudre d’or, la lune d’argent moira chaque mica et chaque quartz de ses éclats métalliques.

 

Une danseuse espagnole ouvrit le bal. Elle fit tourner la tête de plus d’un, en ondulant les pans de sa robe rouge autour de la belle anémone et en dansant entre les coraux multicolores. La méduse Aurélie savait parfaitement évoluer dans les mirages de la lumière pour iriser sa voilette. La porcelaine Panthère en gloussait de plaisir sous sa nacre. Les Etoiles d’ Hurgada déclinèrent les invitations à danser des oursins, aussi séducteurs fussent-ils. Ils étaient pourvus de longues épines cuirassées qui auraient pu déchirer leurs robes.

 

L’oursin Crayon, témoin de Cauliflower, vint signer le registre corail tout en jetant des regards énamourés à la bel oursin Diadème, alanguie dans les algues. Le poisson Clown, Némo, se fit magicien pour tous les enfants. L’Ange Royal et l’Empereur veillèrent sur les juvéniles farceurs. Ils s’amusèrent et se trémoussèrent tant des facéties de Némo qu’ils en brisèrent quelques coquillages. La Girelle Nettoyeuse et le Labre Balai eurent fort à faire pour effacer les dégâts. Le Sergent Major toussota très fort pour rappeler à l’ordre ces galopins frondeurs, mais sa voix chevrotante se perdit dans le gargouillis des bulles.

 

Tous les petits bobos furent soignés par les poissons Chirurgiens à queue de pie jaune ou noire.

 

L’air dubitatif de la Carangue exprimait sa perplexité quant à cette étrange union. Madame la Blennie Imitatrice singeait la moue de la carangue. Un vieux bénitier lubrique lorgnait le décolleté des belles dames, mais baillait constamment, en raison de son grand âge. Un Napoléon ombrageux s’éprit d’une Demoiselle Souffrée. Il piqua un fard lorsqu’il se vit observé par le poisson Pierre. Mademoiselle Castagnole faisait des grâces au Barbier de Mer Rouge. Les mérous comparèrent leur tenue. Ils élirent le plus beau d’entre eux : le Croissant jaune. Des centaines  de dauphins autorisèrent les enfants à caracoler sur leur dos. Un dauphin de Risso se permit même de chatouiller la Tortue Caouanne et le Murex Epineux.

 

Quand la fatigue gagnait, des éponges s’offraient en sofas. Quelques requins passèrent en fin de soirée transmettre leurs voeux de bonheur et ceux de Dame Baleine et de son baleineau, en déplacement au Détroit de Behring. Ils commentèrent l’étonnante harmonie de ce monde hétéroclite. Même Dame Murène souriait de sa bouche avide. L’Anguille Jardinière se tortillait de plaisir, observée scientifiquement par un Ange Géographe.

 

Cauliflower ne perdit pas une miette de tous ces évènements. Ses jolis yeux noirs dans leur écrin rose brillaient de joie. Sharpeï le discret laissa échapper une larme d’amour.

 

Quand le vaisseau de la nuit emporta la Lune d’Argent et que Ra, le superbe, s éleva, le Grand Poulpe emporta délicatement les amoureux vers leur demeure. La Mer Rouge en fut tout éblouie. On dit que ce jour mémorable fut relaté jusqu’ aux chameaux du Sinaï par les oiseaux migrateurs qui le tenaient des cormorans et des mouettes.

 

On ne sait pas si ce couple insolite donna des fruits, mais depuis, certains plongeurs scientifiques affirment avoir répertorié de nouvelles espèces ressemblant à un cocktail de crevettes et de couteaux... Seul le sage Neptune le sait.

 

 

 

 

***

 

 

 

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Published by Chantal Cudel Fayaud - dans Contes
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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 19:06

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  L'amour

Est doux.

Il est éternel,

Il est sincère.

Rien ne peut nous en séparer.

Pas les blessures,

Ni les maladies,

Ni la jalousie,

Ni la tristesse,

Ni la peur,

Ni la mort...

L'amour est comme une caresse,

Et on ne l'oublie jamais.

Elle reste gravée en nous.

L'amour est plus fort que tout.

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 16:48

Le couteau suisse

 

« Maman, pour Noël, j’ai commandé un couteau suisse, en Suisse. C’est le cadeau  pour Tom. J’’ai demandé au fournisseur qu’il vous soit envoyé en France. C’est plus sûr, en Egypte on ne reçoit rien. Pourriez-vous l’apporter dans vos bagages quand vous viendrez, s’il vous plaît ? 

Okay, Audrey, pas de problèmes. »

 

Le couteau arrive dans un gros carton, je suis obligée d’ouvrir. En fait le carton est bien grand, en rapport de l’objet. Je le place donc dans un petit sac cadeau décoré d’un Père Noël, afin de ne pas le confondre avec les cadeaux que nous apportons... Ainsi c’est plus joli et plus facile à intégrer dans les bagages. D’autant que nous partons avec Easy Jet et que le poids est limité. En parallèle je prépare d’autres petits paquets avec un joli papier identique pour tous et différents du sac « père Noël » ; Vous allez voir l’importance de ces précisions, un peu plus loin. Je répartis les paquets entre ma valise soute et ma valise cabine. Dernière minute, je suis obligée de modifier mon rangement et je ne me souviens plus que le couteau suisse se trouve dans la pochette « Père Noël ». Je crois le mettre en valise soute.

 

Nous sommes en pré-embarquement sur le vol de Nice pour Genève le 16 décembre. Au contrôle sécurité, on me demande d’ouvrir ma valise cabine, qu’il y a un genre de couteau suisse dedans ! Je ris, et catégorique je réponds : « pas possible ! ». Ils prétendent l’avoir localisé précisément au scanner, dans le coin gauche de la valisette ; c’est alors qu’ils extraient d’eux – mêmes un petit paquet cadeau qu’ils incriminent, mais ne l’ouvrent pas. Cela ne fait pas tilt immédiatement. Perplexe et dubitative, je pense tout haut : « ce n’est pas possible, je n’ai pas de couteau ! Je n’en ai pas acheté !!! Y a une erreur... » C’est en m’entendant répondre que je réalise subitement que si, j’en ai bien un effectivement, celui d’Audrey, mais que j’ai bien pris soin de le mettre dans la valise soute ! Donc, sans ouvrir ce paquet, ils s’en emparent. Je sursaute : « mais attendez, vous ne pouvez pas le prendre, c’est le cadeau de ma fille pour l’homme qu’elle aime ! » Karim, le jeune homme adorable qui s’occupe de ce contrôle, me dit, attendri : « bon vous avez encore le temps, je vous trouve un carton adapté, et vous retournerez au comptoir le remettre en soute ». Le carton est gratuit, il fait environ 30x20x10cm...  Euréka nous voilà sauvés ! Je propose deux euros à Karim avec un bisou, il décline l’argent parce que cela lui est interdit par le règlement, mais réclame deux bisous que je lui donne volontiers et chaleureusement.

 

En fait, sans que je m’en rende compte le couteau est toujours en valise cabine...J’étais fatiguée par une attente de quatre heures à l’aéroport de Nice. Des grèves au sol avaient été annoncées, nous avions donc décidé d’arriver deux heures plus tôt. A cela il convient d’ajouter une pincée de deux heures et quart de retard en raison d’un problème technique de l’avion à Genève avec obligation de changer d’appareil... et vous obtenez un cocktail détonnant qui vous emmêle les pinceaux.

 

Arrivée à Genève on récupère aisément le sympathique petit carton qui tressaute joyeusement à son arrivée sur le tapis. Bisous, accolades et tout va bien dans le meilleur des mondes possibles. Ecoutez bien : le petit flacon de parfum qui est dedans (hé oui, pas le couteau suisse !) remercie le nez qui lui a donné vie pour tant d’amour et de fraternité et  ne comprend rien à son voyage solitaire pendant que le couteau suisse se marre d’avoir voyagé incognito en cabine, par manque de vigilance de la part du contrôleur. Comment est-ce possible ? Vous voyez comme on est en sécurité dans les avions avec ces contrôleurs hors pair !!! Dès lors qu’ils tombent en affection de la passagère, séduits par son regard charmeur et sa voix enjôleuse, ils confondent les paquets à contrôler... Moi je ne réalise pas encore la bévue.

 

Le lendemain matin, je prends bien soin de ranger DANS LA VALISE SOUTE (vous suivez ?) le « flacon de parfum Zara estampillé couteau suisse » (ne cherchez pas dans les boutiques, il vient de sortir entre Nice et Genève  et c’est un modèle unique).

Nous embarquons sur EasyJet pour Sharm el Cheik. Au contrôle de sécurité : « stupeurs et tremblements », on m’annonce que j’ai un couteau suisse dans ma valise cabine...Je ricane, leur demande si c’est un gag ? Légèrement paranoïaque, je  suppose qu’on les a alertés de Nice, mais qu’ils ont tout faux puisque je sais PERTINEMMENT que je l’ai mis moi-même dans ma valise soute ce matin même...

 

Respirez, vous suivez toujours ?

 

...et qu’à moins de s’être autofécondé  et avoir pondu un jumeau en catimini, CE N’EST PAS POSSIBLE ! Là il me sort un petit sac "Père Noël" qui se tord de rire, avec – je vous le donne en mille - un couteau suisse et son petit étui rouge très joli. Alain va faire un coup de sang, je le sens ! J’explique qu’à Nice on m’a offert gentiment un petit carton. Non, ils répondent qu’il faut que je retourne au comptoir EasyJet pour m’en procurer un, en bas, qu’il faut me dépêcher : il est six heures du matin et l’avion décolle dans une demi heure ! Humffff, où c’est déjà ? Haleté-je, en me précipitant. Je  plante là Alain avec tout le reste de mes affaires, SAUF mon passeport et...mais ne déflorons pas tout.

 

Je prends passeport et jambes à mon cou, part en vol libre, en court-circuitant les files, fff, fff, fff, jusqu’au comptoir easyJet. Ca y est, j’y suis. Apathique, me regardant d’un œil torve, l’employé me dit, se curant les dents,  que je dois aller d’abord acheter un emballage au comptoir NONANTE, à l’opposé. Attends ? Nonante, nonante... fulminé-je, reprenant ma course, c’est bien 90 ça, chez ces Suisses ! Oui, c’est ça... fff, fff, fff.  Je skate en slalom entre les touristes nonchalants, j’ai le palpitant qui m’crie grâce. Je paie 6 euros pour un carton de 100x50x30cm, parce qu'il n'y a pas de petit format où plonge ravi cet imbécile de Père Noël, assis sur son popotin, goguenard, là tout en bas et qui se félicite de ce palace car il a la promiscuité  en horreur. C’est d’ailleurs pour cela qu’on ne le voit jamais. Dans les magasins ce ne sont pas des vrais Père Noël au cas où vous ne le sauriez pas. Cette année, je ne sais pas s’il pourra folâtrer en traineau tout seul la nuit de Noël et pour cause... lisez plus loin.

 

Je redrive à mille à l’heure vers le comptoir Easyjet ; le gars amorphe se réveille, me regarde inquiet et timidement m'annonce:

« trop tard, le vol va bientôt décoller et on ne peut plus prendre de bagages ». Je lui demande s’il se fout de moi!!! Il me répond de me dépêcher car je ne vais plus pouvoir embarquer. Le paquet est envoyé au Lost and Found après que j’aie griffonné fébrilement mon nom et mon numéro de téléphone. Bien fait pour le Père Noël, pourra pas faire sa tournée, NA !!! Non mais, ça lui apprendra à rire de mes déboires. Il aurait pu se manifester tout de même !!!

 

Je vole à nouveau vers le contrôle sécurité, situé à perpète comme chacun sait...avec, pour la troisième fois en deux jours, les corvées d’usage : on ôte les chaussures, on ôte sa ceinture, on ôte ses lunettes, on ôte ses colliers, on ôte ses boucles d’oreille, vous voulez pas ma virginité? parce que là, je ne peux rien faire, y en a plus:

on ôte SA DIGNITE!... Il est mort Ben Laden!!! heureusement qu’ils ne demandent pas d’ôter les baleines de soutien gorge. Bon d’accord, la prochaine fois, je sais, je passe en tongs et en maillot de bain, sans colifichets. Re ffff ! Je suffoque jusqu’au stand « vérification -  passeport » où m’attend Alain. Là -je ne plaisante pas- je constate que : J’AI OUBLIE MON PASSEPORT AU CONTROLE SECURITE !Où t'es toi là-haut? Tu m'lâches?

 

Les yeux d’Alain lancent des poignards, assaisonnés d' un soupçon de découragement et de résignation... Mmmfff. Je lui dis : « va en zone d’embarquement prévenir ». Je crie en dedans, mais en entrouvrant les lèvres, pour ne pas exploser. Dans un état second, je suis portée par une énergie dont je ne me soupçonnais plus capable ! Là j'y vois le Virtuose bienveillant là-haut  qui, apitoyé, me donne un coup de diesel. A la sécurité, je parviens à  récupérer non seulement mon passeport, mais... mon porte – monnaie avec mes cartes de crédit, mes sous  (ah? je les avais perdus aussi? sniff sniff, bououou). et ... mon âme? elle est encore là? !

 

Epuisée, émue aux larmes, j’arrive encore à remercier le « Grand Timonier ». Je replonge vers l’embarquement. Coup de téléphone dubitatif de l’employée de comptoir à l’hôtesse à bord qui met trois plombes à répondre: « d’aaaaccord, pas de problèèèème elle peut monter dans l’aaaavion. Toutes façons faut que l’avion se dégiiiivre,  y a pas l’feu au laaaac, on n’ part pas tout de suiiiite !!! »

 

Hum, déglutis-je. Respire, respire, respire...

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Published by Chantal Cudel Fayaud - dans Nouvelles
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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 05:26

 

Couplets

Chaque jour je longe la mer

Le regard à Saint Honorat

Je ne veux pas de cimetière

Mes cendres voleront de là-bas

 

Au pied du mur du monastère

S’il vous plaît rejoignez-moi

Accompagnez  vos prières

De mes chansons d’ici-bas

 

Refrain

Réjouissez-vous je n’ai pas peur

Je suis heureuse d’être là

De rejoindre le Grand Mystère

Au ventre de cette Mer là.

 

Couplets

Je ne suis pas mortifère

Mais tranquille et souveraine

Je sonde le lucernaire

En marchant comme une reine

 

Le regard vers l’horizon

Sur le spectacle du jour

Je rends grâce à ma façon

Pour tant de beau et d’amour

 

Refrain

Rien ne m’étonne, tout m’émerveille

 Chaque matin un nouveau tableau

  L’Artiste affûte ses pastels

Que signent les mouettes là –haut

 

Couplets

J’aime revenir au sein des choses

Contre la peur, je prends la pose

De moi-même, enfin je crois

Je me rends à Saint Honorat

 

L’Artiste demain nous fondra

Au diamant de ses pastels

Nous rejoindrons le grand fratras

Qui nous interroge du ciel

 

Refrain

Alors chantez mes amis

Ensemble d’une même voix

Si pour vous je suis partie

Moi de là-haut je vous vois

 

Reprise et fin

Chaque jour je longe la mer

Le regard à Saint Honorat

Je ne veux pas de cimetière

Mes cendres voleront de là-bas

 

Au pied du mur du monastère

S’il vous plaît rejoignez-moi

Accompagnez  vos prières

 De mes chansons d’ici-bas

 

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Published by Chantal Cudel Fayaud - dans chansons
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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 03:56

Gogo an est un désert

L'ermitage est comme suspendu dans le vide.

Derrière la porte mille cyprès

Quelques poèmes sur le mur

La marmite couverte de poussière

Aucun feu dans le foyer

Seul le vieillard du village de l'Est vient

Parfois frapper à la porte, sous la lune.

 

 

Mille sommets figés par le froid

Dix mille sentiers sans trace d'homme

Chaque jour je ne fais que méditer, face au mur.

Parfois j'entends la neige qui frappe la fenêtre.

 

 

Au loin les montagnes, les oiseaux se reposent

Les feuilles tombent dans le jardin silencieux

Solitaire dans le vent d'automne

Un homme debout en robe noire.

 

 

"Au Japon, Ryokan est certainement le plus célèbre et le plus populaire des maîtres zen, il est une sorte de Saint François d'Assise boudhiste..." extraits du Chemin vide, Vie et poèmes d'un moine zen. Editions Chemins de sagesse".

 

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Published by Chantal Cudel Fayaud - dans Textes d'auteurs
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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 03:44

 

Couplets

Le vol finissant de la mouette d’automne

S’allonge en longues volutes d’étonnement

Son plumage encore jeune, déjà vieux, frissonne

Aux parcours incertains, sur le miroir d’argent.

 

 

Et la Mer, mère douce, tendrement la soulève,

Lui soufflant vie et force pour que dure encore

Cette joie palpitante et de froid et de fièvre

Qui s’enroule à son col en fleurs multicolores

 

Refrain

Si le vol pur et beau donne encore le change

La Mouette sait les heures de doutes et d’effroi

Et le cœur qui faiblit aux plus petits émois

Et la patte fragile qui s’englue dans la fange.

 

Couplets

Et le chagrin bu, d’être là en partance,

Quand les veines se gonflent du désir impérieux,

Ployée, au cou gracile de l’homme vigoureux,

De vivre encore d’amour, d’amour et de silence.

 

Lors, le vol de la Mouette s’étourdit d’espoir

Confondant son  plumage et celui de l’Aimé,

Puisant à son tréfonds des ressources indomptées

Pour devenir Etoile fulgurante d’un soir.

 

Refrain

Si le vol pur et beau donne encore le change

 La Mouette sait les heures de doutes et d’effroi

Et le cœur qui faiblit aux plus petits émois

Et la patte fragile qui s’englue dans la fange.

 

 

Couplets

A l’aube, à l’humide, au froid, la gelée,

La Mouette seule s’éveille, étonnée d’être là

Au sable de grève, grelottante de froid,

Plumée de sa force comme un pigeon pelé.

 

Suppliant pour qu’encore se produise le miracle

D’un dernier tour de piste sous Le Projecteur,

Au souffle suspendu des dauphins spectateurs,

Avant qu’à l’horizon l’orage enfin éclate.

 

 

Et que dorme la Mouette

Au ventre de la Mer.

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Published by Chantal Cudel Fayaud - dans chansons
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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 23:30

La peinture est un art et l'art, dans son ensemble, n'est pas une vaine création d'objets qui se perdent dans le vide, mais une puissance qui a un but et doit servir à l'évolution et à l'affinement de l'âme humaine. Wasily Kandinsky.

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