Au clavier d'asphalte chaque pas joue son étoile en modes mineur et majeur.

Ami, n’insiste pas, il est des territoires féminins comme des îles où l’homme n’accostera jamais…Malgré la fureur de tes pieds aux cailloux de la berge, malgré le poignard de ton regard, malgré l’écume qui rage à tes lèvres, malgré l’enivrante beauté des boucles noires de tes cheveux. Quand l’île sombre sous la marée inattendue, que l’inconnu déborde la fragile, Quand l’anémone se referme, que l’églantine froisse ses plis,
Quand les flamboyantes ivresses d’hier ne voguent qu’en galère, à la rameuse usée, Quand le nectar intime d’une âme pêche d’été saigne sous l’écorce d’une terre brûlée. Il te reste les tessons de la berge hospitalière. Pars au large donner à ta nacelle la violence du fouet. En Atlantide va toréer. Reste à l’orée ! Fougueux, n’entre pas ! Après la dévastation, si tes eaux croisent quelques lambeaux de mes récifs, tente d’accoster... en papillon… ou pétale d’églantine? Pour un instant seulement, viens mouiller, dans le bruissement des soies d’été et le giron de quelques pierres.